Assurance emprunteur : l'UFC dénonce le monopole des banques

03/09/2013 à 15:14 - Assurance de crédit immobilier - Par - Réagir

Assurance emprunteur : halte au monopole des banques !
Assurance emprunteur : l'UFC dénonce le monopole des banques

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Selon un sondage réalisé par l'UFC-Que Choisir, la loi Lagarde dont l'un des principaux objectifs était d'ouvrir le secteur de l'assurance de prêt à la concurrence serait un véritable échec. La faute à des établissements bancaires qui n'hésiteraient pas à user de pratiques pour le moins douteuses afin de conserver leur monopole sur ce marché.

C'est un portrait du marché de l'assurance emprunteur bien peu reluisant qu'a dressé, ce jeudi 29 août, l'UFC-Que Choisir. Souhaitant établir le bilan de trois années d'application de la loi Lagarde, l'association de défense des consommateurs n'a pu que se rendre à l'évidence : « le marché est plus sclérosé que jamais ».

Pointant du doigt l'inefficacité d'une loi qui devait initialement offrir une liberté accrue aux emprunteurs en leur permettant de souscrire leur assurance de crédit immobilier auprès du professionnel de leur choix, l'UFC-Que Choisir note que si la part des contrats d'assurance détenus par les assureurs non-bancaires était de 20% avant l'instauration de la loi, en juin 2011 ceux-ci n'occupaient plus que 14% du marché. Rien d'étonnant donc à ce que les banques continuent à pratiquer des tarifs relativement élevés en s'octroyant des marges pouvant friser l'indécence voire, selon l'association, « anormales pour un marché mature : 40% du total de la prime en moyenne, dont 69% chez les jeunes ».

Concrètement, les résultats de l'appel à témoignage lancé par l'UFC entre le 26 juin et le 26 août 2013 renseignent sur les pratiques auxquelles ont pu être confrontés les candidats à l'emprunt souhaitant procéder à une délégation d'assurance. Si pour 32,4% d'entre eux, la banque semble avoir clairement joué sur les délais pour empêcher la délégation, 73% ont pour leur part dû faire face à différentes formes de « chantage tarifaire (augmentation du taux du crédit, frais prohibitifs en cas de délégation) ».

Pour l'association, si les banques n'hésitent pas à inclure dans leurs contrats des« clauses scandaleuses » telles que la « non garantie des tarifs ou de la couverture, [l'] exclusion des suites d'antécédents de santé déclarés », c'est évidemment pour assoir encore un peu plus leur emprise sur ce secteur d'activité. Une stratégie payante puisqu' « en 2012, les 9 premiers acteurs de ce marché, tous filiales bancaires, représentaient 73% des cotisations ».

En guise de conclusion, l'UFC-Que Choisir appelle les parlementaires à « garantir au consommateur, pour l'avenir, un droit clair de résiliation annuelle de ces assurances ». Une disposition qui devait initialement s'insérer dans le cadre du projet de loi Consommation avant d'en être écarté sous la pression du lobby bancaire.

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