Crédit immobilier : le doute plane sur la réforme du PTZ

08/07/2014 à 15:13 - Crédit immobilier - Par - Réagir

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Présentée il y a peu dans le cadre du plan de relance de la construction, la réforme du prêt à taux zéro a-t-elle fait l'objet d'un enthousiasme prématuré ? Le gouvernement aurait-il tout bonnement trompé son monde en mettant ainsi en avant sa nouvelle formule du PTZ ? C'est en tout cas ce que certains professionnels de l'immobilier ne sont sans doute pas loin de penser.

Le futur prêt à taux zéro cible de toutes les critiques

Le 25 juin dernier, Sylvia Pinel, la ministre du Logement, dévoilait les grandes lignes du plan de relance de la construction et avec elle une nouvelle mouture du prêt à taux zéro. Destinée à entrer en vigueur dès le 1er octobre 2014, cette réforme du PTZ divise depuis les observateurs. Quand certains estiment qu'il s'agit là d'une décision allant dans le bon sens et s'enthousiasment déjà de la réintégration de l'ancien dans le dispositif, d'autres n'hésitent pas à remettre en cause l'intérêt même d'une telle réforme, pointant du doigt des conditions d'octroi par trop restrictives.

L'intérêt du PTZ dans l'ancien remis en cause

Parmi ceux-ci, Maël Bernier, la porte-parole du courtier Meilleur taux, souligne que "remettre un PTZ dans l'ancien pour les zones rurales dénote d'un profond décalage avec les réels besoins car les jeunes cherchent à s'installer dans les centres villes là où se trouve l'activité économique et surtout les emplois". Le son de cloche est le même du côté de la Fnaim qui évoque également l'obligation de travaux conditionnée à l'obtention d'un prêt à taux zéro. La Fédération note en effet qu'au sein des zones rurales (coeur de cible du futur dispositif), bon nombre de primo-accédants ne disposent pas du budget nécessaire et préféreront très certainement entreprendre eux-mêmes la réalisation des rénovations.

Une situation qui pourrait d'ailleurs être amplifiée par l'exigence de travaux du gouvernement. De l'avis de Henry Buzy-Cazaux (ancien délégué général de la Fnaim) "les travaux de rénovation exigés s'élèvent traditionnellement à un tiers du prix du bien. On est donc sur des chantiers assez lourds".

Connu pour son franc-parler, Henry Buzy-Cazaux ne peut s'empêcher d'évoquer le champ d'action quelque peu limité du futur PTZ. "Franchement, de combien d'opérations parle-t-on ? De tout au plus de 10.000 par an, soit à peine 1,5% du marché de l'ancien. Voilà une mesure qui ne va pas coûter grand chose à l'Etat", ironise-t-il.

Menace inflationniste sur les prix de l'immobilier

Si l'obligation de travaux et sa limitation à certaines zones rurales limiteront forcément l'impact du PTZ sur le budget des ménages souhaitant acquérir un logement ancien, son influence sur une probable hausse des prix de l'immobilier pourrait être d'un tout autre niveau. "Son objectif de re-solvabiliser une partie des ménages, qui n'avait jusqu'ici plus les moyens d'acheter, est louable. Mais l'effet induit par sa mise en place sera de donner aux propriétaires un prétexte pour maintenir leurs prétentions financières à des niveaux trop élevés. Or l'inflexion de leurs prétentions et par conséquent des prix est la condition sine qua non à la re-fluidification du marché", note à ce sujet Fabrice Abraham, Directeur Général du réseau d'agences Guy Hoquet l'Immobilier.

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