Crédit : face à la pression de l'Etat, les banques s'accrochent à leurs bonus

20/01/2009 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Crédit : les banques s'accrochent à leurs bonus
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Ce mardi 20 janvier, à 18h, l'Elysée recevra une nouvelle fois les principaux dirigeants des grandes banques françaises. Si l'ordre du jour de cette réunion reste « la situation économique et son impact sur les institutions financières », nul doute que les discussions se porteront sur un sujet qui oppose depuis quelques jours le gouvernement aux groupes bancaires : les « bonus » de leurs dirigeants.

En décembre dernier, afin de relancer une distribution du crédit (et notamment celle du prêt immobilier), six grandes banques s'étaient vues accorder quelques 10,5 milliards d'euros en tant que soutien financier de l'Etat. Il y a peu, le ministère des Finances annonçait l'octroi aux banques d'un second crédit (car il s'agit bien là d'un crédit que les banques devront rembourser à l'Etat) de 10,5 milliards d'euros.

Jeudi dernier, lors de ses voeux présentés à Vesoul aux acteurs économiques, le Chef de l'Etat a évoqué cette nouvelle phase du plan de soutien aux établissements financiers tout en précisant que des « contreparties » seraient alors exigées. A cette occasion, considérant cela comme « la moindre des choses », Nicolas Sarkozy a expressément enjoint les grands banquiers à renoncer à la « part variable » de leurs rémunérations (bonus salarial calculé en fonction des résultats enregistrés en 2008) ainsi qu'à restreindre « en 2009 leur distribution de dividendes ».

Voilà donc pour le gouvernement le minimum que les banques puissent faire en contrepartie de l'argent mis à leurs dispositions. Pourtant, à ce jour, seuls les dirigeants de BNP-Paribas semblent accepter de jouer le jeu. Quant aux autres, leur opinion sur le bien fondé de ces mesures exceptionnelles paraît évident : si les dirigeants du Crédit Agricole refusent pour l'heure de faire l'impasse sur leurs bonus, ceux de la Société Générale bottent en touche en indiquant que « les conseils d'administration prendront des décisions équilibrées et adaptées à l'environnement économique et financier ». Déclaration similaire du président de la FBF (Fédération bancaire française), Georges Pauget, pour qui « les rémunérations relèvent des comités de rémunération et des conseils d'administration ».

Face au refus catégorique qui semble se dessiner, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, est rapidement montée au créneau, déclarant dans les colonnes du quotidien Les Echos que « les banques doivent comprendre que nous avons changé d'époque » avant de préciser qu' « elles devront trouver un autre guichet » si elles n'obtempèrent pas.

Mais, en ces temps de crises (celle de l'immobilier et celle du crédit étant les plus perceptibles), le gouvernement n'est pas le seul à réagir vivement à l'encontre de ces banques qui s'accrochent coute que coute à leurs bonus aux résultats. Indiquant qu'il s'agit ici d'une question de moralité, Frédéric Lefebvre, porte-parole du groupe UMP, se montre des plus virulents. « Quand ils n'ont pas su prendre leurs responsabilités, ce qui a souvent été le cas, et qu'en plus il y a en a qui décideraient de s'offrir un certain nombre de bonus, nous les désignerons à l'opinion publique parce que je crois qu'aujourd'hui ils doivent prendre la responsabilité de rendre des comptes », déclare-t-il ainsi. Autre levée de bouclier, celle émanant de la fédération des cadres CFTC qui estime « ne peut pas concevoir un système à deux vitesses où seuls les salariés devraient souffrir de la crise économique ».

Les groupes financiers français semblent donc camper sur leurs positions alors que les critiques se succèdent, plus acerbes les unes que les autres. Si la réunion de cette fin d'après-midi entre les banques et le gouvernement pourrait permettre de trouver un terrain d'entente, les récentes controverses devraient toutefois y faire régner un climat de tensions palpables.

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