Crédit : les banquiers cèdent face à la pression de l'Etat

21/01/2009 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

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Du bras de faire qui opposait depuis quelques jours le gouvernement et les grands banquiers français, Nicolas Sarkozy sort victorieux. Les dirigeants des principales banques françaises acceptent enfin, bon gré, mal gré, d'abandonner leurs bonus au titre de l'année 2008.

Dans le sillage des patrons de BNP-Paribas, Baudouin Prot et Michel Pébereau, qui avaient anticipé cette décision en annonçant, dès ce samedi 17 janvier, renoncer à leur bonus et parts variables, les dirigeants des banques ont donc lâché prise face à la pression exercée par Nicolas Sarkozy et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Un communiqué de l'Elysée notait ainsi, au terme d'une réunion tenue hier soir, que « Les dirigeants des banques ont unanimement décidé de renoncer (...) à la part variable de leur rémunération au titre de 2008 ». Si l'ordre du jour de cette rencontre était « la situation économique et son impact sur les institutions financières », l'enjeu était bel et bien de faire plier les banquiers, bousculés par la crise financière et celle du crédit, sur la question de leurs bonus. Telle était en effet la contrepartie requise par l'Etat avant de mettre à leur disposition une nouvelle aide publique de 10,5 milliards d'euros destinée notamment à renforcer la distribution du crédit (crédit à la consommation, prêt immobilier, crédit aux entreprises, etc.). « Ceux qui ne veulent pas changer, nous les aiderons à changer », avait même menacé le Chef de l'Etat.

« Aucun banquier ne pouvant se permettre d'aller contre l'Etat », comme le soulignait le conseil d'une banque, les grands argentiers de France font donc une croix sur leurs parts variables, primes aux résultats excédant souvent leur salaire fixe (Baudouin Prot et Michel Pébereau avaient ainsi engrangé pour l'année 2007 près de 2,27 millions d'euros de bonus pour un salaire de 875.000 euros). Une décision forcée pouvant apparaître comme un camouflet enduré par les banques mais que ces dernières refusent de voir comme tel. Ce n'est qu'à « l'issue de différentes délibérations de conseils d'administration qui ont eu lieu dans ces dernières heures que les dirigeants des différents établissements ont renoncé à leur rémunération variable au titre de 2008, traduisant ainsi l'écoute qui est la leur des sentiments des uns et des autres », déclarait ainsi Georges Pauget, le président de la Fédération bancaire de France (FBF).

Plus qu'une question de moralité, il s'agit là de régler un problème financier, car si les banquiers tentent désormais de redorer leur image devant l'opinion publique, on est en droit de s'interroger sur les réelles motivations qui les ont poussés à abandonner si rapidement ces primes aux résultats. Leurs établissements ne se porteraient-ils pas aussi bien qu'on voudrait nous les présenter ? Les perspectives économiques envisagées pour l'année 2009 seraient-elles si sombres qu'ils se ruent sur les prêts accordés par l'Etat ? Des crédits publics qui, rappelons le, coûtent bien plus cher aux banques qu'un simple refinancement interbancaire.

Si Christine Lagarde annonce que six grandes banques devraient bénéficier de cette aide de l'Etat (les mêmes qui se sont partagées la première enveloppe de 10,5 milliards il y a quelques mois : BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, Banques Populaires, Caisses d'Epargne, Crédit Mutuel), c'est sans doute que ces dernières ont jugé, en ces temps de crise, qu'il valait mieux compter sur le gouvernement plutôt que sur les bénéfices hasardeux d'un marché chancelant.

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