Quels risques le crédit grec fait-il peser sur les banques françaises ?

10/05/2010 à 16:16 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Crédits grecs et banques françaises : les risques
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La crise financière initiée fin 2008 début 2009 par l'effondrement des prêts immobiliers à risque américains (subprimes) n'aura certes pas laissé de bons souvenirs aux banques françaises mais aura au moins eu le mérite de leurs enseigner une chose : il est plus judicieux de parler que de taire une éventuelle situation délicates. Appliquant désormais ce principe à la lettre, les établissements français ont donc, tour à tour, décidé de communiquer sur leur exposition face à une crise grecque suscitant l'inquiétude de la planète financière.

Pourquoi ce soudain empressement des banques françaises à divulguer précisément leurs positionnements et leurs engagements dans une crise grecque à l'ampleur retentissante ? Tout simplement parce qu'il leur est impossible de le cacher. Depuis la divulgation par la Banque des Règlements Internationaux de sa place de premier fournisseur de crédits aux entreprises grecques, la France est en effet soumise à une intense observation de la part des marchés financiers. Autant alors jouer la carte de la transparence pour prouver aux yeux du monde sa bonne santé. Pour information, la Grèce (qu'il s'agisse de dette privée ou de l'Etat) devait au 31 décembre 2009 quelques 53 milliards de dollars aux banques françaises, 31 milliards de dollars aux banques allemandes et seulement 17 et 15 milliards de dollars aux établissements américains et anglais. Dans l'éventualité d'une expansion de cette crise à l'Espagne, les banques françaises seraient de nouveau sous le feu des projecteurs en jouant là encore le rôle de créancier principal. Une raison supplémentaire pour que la planète finance porte un oeil attentif à leur situation.

L'exposition des grandes banques françaises :

A noter qu'au sein des grandes banques françaises, Crédit Agricole et Société Générale font figure de cas particuliers en possédant chacune une filiale grecque : Crédit Agricole est propriétaire de la banque Emporiki depuis 2006 et la Société Générale détient 53% du capital de la banque Geniki.

  • Crédit Agricole : tout d'abord annoncée à 850 millions d'euros, l'exposition du Crédit Agricole a été réévaluée en fin de semaine dernière à 3,8 milliards d'euros (sans prendre en compte les éventuelles dettes détenues par sa filiale grecque Emporiki). Les résultats communiqués par le Crédit Agricole pour Emporiki ont fait état d'une perte de 210 millions d'euros sur le seul 1er trimestre 2010. Celle-ci détiendrait encore les encours de quelques 22,7 milliards de crédits (essentiellement des emprunts faits aux particuliers dont des prêts immobiliers) ainsi que 3 milliards d'euros de prêts accordés à d'autres établissements financiers.
  • Société Générale : la Société Générale avoue une exposition à la dette grecque pour un montant de 3,1 milliards d'euros (majoritairement constitué de dettes souveraines, c'est-à-dire de crédits octroyés à l'Etat grec). Possédant 53% du capital de la petite banque grecque Geniki, la Société Générale disposerait à travers elle d'encours de crédits aux particuliers pour un montant estimé à près de 4 milliards d'euros.
  • BNP Paribas : ce jeudi 6 mai, Baudoin Prot, son directeur général, a évalué le « risque grec » de la BNP à 8 milliards d'euros (5 milliards de dette souveraine associés à 3 milliards d'euros de crédit aux particuliers et entreprises).
  • BPCE (Banque Populaire et Caisses d'Epargne) : avec 2,1 milliards d'euros d'exposition à la dette grecque, la BPCE apparaît comme relativement épargnée au regard de ses concurrentes. Sa filiale Natixis évalue le risque la concernant à 882 millions d'euros.

Avant même la mise en place ce dimanche 9 mai du plan de secours de 750 milliards d'euros pour aider, si le besoin venait à s'en faire sentir, les pays de la zone euros en proie à une propagation de la crise, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie demandait expressément aux grandes banques françaises de « maintenir leur exposition en Grèce ». En clair, les établissements français se sont engagés à continuer de proposer leurs crédits aux entreprises et aux ménages grecs. « Un engagement a été pris auprès des pouvoirs publics, aucune autre forme de participation au plan nous a été demandée », s'est expliqué Baudoin Prot. L'engagement est certes louable, encore faut-il le respecter. Un directeur de filiale d'une grande banque décentralisée française s'interrogeait il y a peu : « je ne sais pas si l'appel des politiques à la solidarité envers la Grèce va changer le mot d'ordre de la maison, mais pour l'instant chez nous, la Grèce est sur la liste rouge. On n'a plus le droit d'y investir un centime ! »

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