Crise financière : la Caisse d'Epargne perd ses têtes

20/10/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Crise financière : l'écureuil trébuche
Après l'annonce d'une perte de 600 millions d'euros, les dirigeants de la Caisse d'Epargne démissionnent.

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L'affaire aurait très bien pu inspirer une fable à monsieur de la Fontaine : « le canard et l'écureuil » ou, de l'intérêt de parfois écouter ceux qui crient au loup.

Le 1er octobre dernier, Le Canard Enchaîné alertait l'opinion sur la situation financière alarmante de la Caisse d'Epargne. Les réactions furent vives : le démenti immédiat de la direction du groupe et la levée de bouclier de la classe politique à l'encontre du journal semblaient avoir clôt le débat. Mais la banque mutualiste s'est de nouveau retrouvée projetée sur le devant de la scène en annonçant vendredi en annonçant la perte de 600 millions d'euros placés en bourse.

Revoir notre article intitulé "La Caisse d'Epargne en pleine crise : info ou intox ?"

Loin de la coquète somme de 6,5 milliards d'euros évoquée par le Canard, la caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE) reconnaissait toutefois ce vendredi 17 octobre être confrontée à un « incident de marché ». Un « incident » de quelques 600 millions d'euros partis en fumée dans le marasme boursier de ces dernières semaines, un « incident » qu'on s'attend plus être le fait d'une banque d'investissements que d'un établissement mutualiste tel la Caisse d'Epargne (plus connue pour son Livret A, son assurance vie, ses crédits sans risque que pour ses spéculations boursières). Et c'est peut être là que le bât blesse : plus qu'une perte financière, la Caisse d'Epargne pourrait désormais être exposée à la perte de confiance des épargnants.

La Caisse d'Epargne est assez solide pour digérer sans peine la perte de ces 600 millions d'euros, comme le précise un communiqué de presse du groupe : « Compte tenu de son niveau de fonds propres - plus de 20 milliards d'euros - et de son importante liquidité, cette perte n'affecte pas la solidité financière du Groupe et n'a aucune conséquence sur la clientèle ». Si le discours se veut rassurant, il ne convainc pourtant pas les épargnants dont les interrogations se muent parfois en indignation. « Je trouve scandaleux qu'une banque veuille faire plus de profit au péril des épargnants », « voilà ce qui arrive à force de boursicoter avec le fric des gens. On va les renflouer alors qu'il n'y a pas d'argent pour les pauvres », « si on perd notre argent, ça va être la guerre civile », telles sont les réactions de quelques uns des 27 millions de clients de la Caisse d'Epargne.

Exaspération également du côté des politiques comme l'illustrent les propos de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde : « J'étais vraiment, vraiment, en colère ! En colère pourquoi ? En colère, parce que tout le gouvernement, actuellement est mobilisé pour prendre des mesures fortes, des mesures lourdes pour essayer de faire tourner l'économie, assurer le financement des investisseurs, pour le financement des entreprises, le financement des ménages, et j'apprends que trois traders, à la Caisse d'Epargne, perdent 600 Millions d'Euros... Alors je suis en colère ! ».

Image ternie, pressions politiques, le conseil de surveillance du groupe Caisse d'Epargne s'est donc réuni en urgence ce dimanche afin d'examiner, comme l'explique la direction, « toutes les conséquences qu'il convient de tirer de cette affaire ». Et les conséquences ont bel et bien été tirées puisque le même jour, le président Charles Milhaud, le directeur général Nicolas Mérindol et le chargé des finances et des risques Julien Carmona, annonçaient leur démission.

S'il se défend d'en être le responsable, Charles Milhaud se plie toutefois à la décision du Conseil de surveillance en endossant le poids de la faute : « cette perte est la conséquence à la fois de l'exceptionnelle volatilité des marchés dans cette période et de la violation des instructions que le directoire et moi-même avions données. J'en accepte néanmoins l'entière responsabilité. Ayant consacré ma vie entière aux Caisses d'Epargne, je n'ai pas un instant envisagé de me soustraire aux responsabilités qui sont les miennes ».

Son remplaçant, Bernard Comolet (président du directoire de la Caisse d'Epargne d'Ile-de-France), aura donc la charge de finaliser le rapprochement Caisse d'Epargne / Banque Populaire. Un rapprochement aucunement remis en cause par le couac de l'écureuil.

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