Crise financière : les traders mis au régime sec

09/02/2009 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Crise financière : les traders mis au régime sec
La rémunération des traders devraient désormais être soumis à un "code éthique".

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La moralisation du secteur bancaire et financier est décidément plus que jamais à l'ordre du jour. Après l'abandon par les dirigeants des principales banques de France de leurs bonus et parts variables (primes versées en fonction des résultats de l'année écoulée), après la demande qui leur a été faite par le Parlement de faire preuve de responsabilité et de morale (voir notre billet), les établissements financiers s'engagent désormais à encadrer le système de rémunération de leurs traders.

Le dispositif actuel de rétribution des traders « a conduit à la catastrophe que l'on sait. C'est ça qu'il faut interdire ! », tempêtait jeudi dernier le Chef de l'Etat lors de son intervention télévisée. Une mise en cause des traders, « dont les rémunérations étaient indexées sur la prime de risques », apparaissant très clairement comme une injonction faite aux banques, sociétés de gestion et autres opérateurs de marché. Un appel compris par les établissements qui, faute de se mettre à dos le gouvernement et ses éventuelles aides publiques, se sont donc engagées à soumettre ces rémunérations à un « code éthique ».

Finies donc les dérives et excès de « golden boys » considérés par l'opinion publique comme les acteurs majeurs d'une crise financière initiée durant l'été 2007 par l'effondrement des subprimes américains (crédits immobiliers à risque et prêts hypothécaires). Ils devront dès à présent se conformer aux lignes de conduite édictées par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, en collaboration avec la FBF (Fédération bancaire française), la commission bancaire, la direction du Trésor et l'Autorité des marchés financiers.

Les initiatives lucratives mais excessivement aléatoires voire risquées ne seront désormais plus encouragées par la perspective de conséquentes primes. Le salaire versé aux spéculateurs sera directement établi en fonction « des gains (ou pertes...) réels pour l'entreprise, tout en tenant compte de l'intérêt des clients ». La pratique qui consistait pour les banques d'offrir des primes record aux meilleurs traders afin de les conserver dans leurs rangs (appelée « bonus garantis ») devrait, sinon disparaître, tout au moins être limitée à un an. Enfin, si la rémunération devra inclure une bonne part d'actions (afin de responsabiliser le trader aux résultats de son employeur), les bonus seront reportés « dans le temps pour prendre en compte les résultats complets des opérations initiées durant un exercice donné ». Plus question donc de gagner une grosse somme d'argent pour une initiative, juteuse sur l'instant, mais dont les répercussions s'avèreraient négatives par la suite.

Avec l'adoption d'un tel « code éthique », la France innove et devient le seul pays à instaurer un cadre très stricte à la fonction de trader. Si le groupe de travail réuni par Christine Lagarde souhaite son application rapide « dans le souci de l'intérêt économique général », reste à savoir quelle sera la réaction d'une profession dont les fondamentaux s'en trouve radicalement bouleversés.

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