Crise financière : à Toulon, Sarkozy donne du poids à l'Etat

26/09/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Crise : Sarkozy érige l'Etat en sauveur
Lors de son discours au zénith de Toulon, Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu'une sortie de crise passerait certainement par un rôle accru de l'Etat.

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Très attendu, le discours du chef de l'Etat au Zénith de Toulon n'aura pourtant révélé aucune mesure ou déclaration d'envergure.... Mais l'objectif n'était pas là. Convaincre et surtout rassurer, voilà quelle était la principale mission de Nicolas Sarkozy hier soir.

La crise financière internationale en toile de fond, le Président a donc rappelé le grand thème qui avait dicté son intervention new-yorkaise devant l'ONU : le capitalisme tel que nous le connaissions ces dernières années a présenté ses défaillances et nécessite désormais une « remise à plat ».

Selon le chef de l'Etat, si les éventuelles répercussions de la crise liée au subprime (le crédit immobilier à risque) en France devraient être assimilables par nos groupes bancaires, « la croissance, le chômage, le pouvoir d'achat » pourraient toutefois être notablement impactés dans les mois à venir : « nous passons d'un monde d'abondance à un monde de rareté. Il va falloir payer plus cher le pétrole, le gaz, les matières premières. Les Français devront produire et consommer différemment ». Mais plus qu'une crise financière ou économique, c'est d'après lui une crise de confiance qu'il va falloir gérer : « la peur est aujourd'hui la principale menace qui pèse sur l'économie. Il faut vaincre la peur. On rétablira la confiance en disant la vérité ». Et si dire la vérité ne suffit pas, l'Etat se chargera du reste.

Car c'est bien l'idée d'une présence accrue de l'Etat qui se fait jour tout au long du discours. Un Etat observateur, un Etat intransigeant (« ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables ou bien nous réglerons le problème par la loi ») mais surtout un Etat protecteur qui ne permettra pas « qu'un seul déposant perde un seul euro ». Un message rassurant qui s'adresse non seulement aux particuliers mais également aux banques : « C'est un engagement solennel que je prends ce soir : quoiqu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français ». Les prises de capital de l'Etat au sein des groupes financiers pourraient donc se multiplier si, comme le pensent certains analystes, le pire de la crise est encore devant nous... De là à parler de nationalisations...

L'ombre du début des années 80 pourrait alors bien revenir planer sur nos banques et entreprises. A l'époque, le gouvernement Mitterrand, sous l'impulsion de Pierre Mauroy, avait procédé à un vaste plan de nationalisations d'entreprises (Saint-Gobain, Pechiney, Rhône-Poulenc, Thomson, etc.) mais également de 39 banques et de deux institutions financières (Paribas et Suez). Défaut d'investissement, manque d'innovation, la France était alors à la merci des grandes firmes américaines et japonaises. Dans un souci tant de protection que de développement, le recours à la nationalisation c'est très vite imposé comme nécessaire. Une nécessité qui coûta à l'époque pas moins de 10 milliards d'euros. Le choix d'introduire l'Etat au sein des banques s'était révélé alors fort judicieux puisqu'en entrant au capital de ces dernières, l'Etat effectuait en même temps une prise de participation sur les entreprises et filiales dans lesquelles ces mêmes banques avaient investi, sécurisant ainsi un pan important de l'économie.

Sur une toute autre échelle, c'est ce que se propose de faire le plan Paulson de 700 milliards de dollars destiné à racheter les actifs invendables des banques américaines (notamment des prêts hypothécaires et crédits à risques). Les Etats-Unis s'apprêtent donc probablement à réformer leur système financier, appliquant un modèle français... avec 25 ans de retard.

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