Crise financière : pourquoi rien n'a encore été fait ?

25/09/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Crise US : à quand la solution ?
Si l'urgence d'une réaction face à la crise financière semble évidente pour tout le monde, pourquoi le Congrès américain rechigne-t-il à valider le plan de sauvetage proposé ?

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Suspendu depuis le début de la semaine au feuilleton Paulson / Bernanke face au Congrès, Wall Street ouvrait hier soir à la baisse (-1,48% pour le Dow Jones et -1,14% pour le Nasdaq) avant de marquer son indécision en clôture (-0,27% pour le Dow Jones et +0,11% pour le Nasdaq). Et pour cause : le plan imaginé conjointement par le secrétaire au Trésor et le président de la Réserve fédérale pour redresser les marchés financiers semble poser quelques cas de conscience à un congrès américain qui hésite encore et toujours à lui donner son aval.

L'incertitude entourant la mise en place de ce plan destiné à racheter les actifs invendables des banques (liés au prêt immobilier à risque) ne fait qu'entretenir la tension des marchés, augmentant ainsi leur volatilité. Une incertitude soutenue par les multiples critiques émanant des parlementaires (Chris Dodd, président de la commission bancaire du Sénat, le jugeant ainsi inacceptable).

L'efficacité du plan Paulson est également mise en doute puisque personne ne peut aujourd'hui dire avec certitude si les 700 milliards de dollars engagés suffiront à redresser une situation pour le moins délicate. En effet, si on s'achemine tout droit vers une nationalisation partielle mais massive des banques américaines, ces dernières ne sont pas les seules concernées. « Chaque entreprise, chaque établissement bancaire qui fait des affaires aux États-Unis et qui a des relations avec des clients américains est important. Tous sont importants pour le maintien de nos marchés et du flux de crédit » a ainsi déclaré Henry Paulson. Le marché du subprime (le crédit immobilier à risque) ne s'étant pas arrêté de tourner, liquider les actifs insolvables des différents groupes bancaires pourrait constituer une tache de longue haleine.

Les réticences du Congrès américain face au plan Paulson sont également d'ordre politique. En effet, valider le plan de sortie de crise tel qu'il lui a été présenté reviendrait à octroyer un pouvoir colossal au secrétaire au Trésor. Avec un budget de 700 milliards de dollars (plus que celui du Pentagone), il disposerait alors d'une capacité financière et donc décisionnaire sans pareil. Si le candidat républicain John McCain fustige cette perspective, « jamais on n'aura mis autant de pouvoir entre les mains d'un seul homme », le Washington Post déclare déjà : « nous voilà entrés dans l'administration Paulson-Bernanke ».

George W. Bush martelait hier que « l'ensemble de l'économie américaine est en danger » mais la perspective de l'élection présidentielle imminente n'arrange en rien la tache des parlementaires. « Je ne signe pas un chèque en blanc à ce secrétaire ni à aucun autre. Dans 41 jours, nous allons avoir une élection, je ne sais pas qui va gagner (...) je ne veux pas signer un projet de loi de crédit de 700 milliards à un secrétaire que je ne connais pas », a ainsi argumenté Chris Dodd.

Toutefois, et malgré les interrogations que soulèvent le plan Paulson, tous savent pertinemment que s'il n'est pas rapidement mis en place, l'économie américaine court à la catastrophe. Laissant leurs querelles de côté, les candidats McCain et Obama ont rappelé que le temps était venu de « s'élever au dessus du débat politicien pour le bien du pays ».

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