Crise financière : vers un plan Paulson européen ?
Consulter toutes les actualités
Source : Diagnostic Expertise ( 03/10/08 )

La rumeur au sujet d'un plan Paulson pour l'Europe proposé par la France soulève les critiques.
Si, pour juguler la crise financière internationale (initiée aux Etats-Unis par la crise du crédit immobilier à risque), des mesures prises à l'échelle européenne s'imposent, il ne devrait toutefois pas être question d'adapter aux Etats de l'Union un dispositif similaire au plan Paulson des Etats-Unis.
L'idée d'un tel plan avait pourtant semblé être à l'étude en milieu de semaine. Le quotidien allemand Handelsblatt publiant ainsi une interview de la ministre de l'Economie française au cours de laquelle Christine Lagarde évoquait la perspective d'un débat concernant un plan de sauvetage européen. Des propos que Christine Lagarde a immédiatement sinon démentis du moins nuancés en précisant que les questions du principe et du montant n'avaient pas été abordées.
Selon une source gouvernementale européenne, Nicolas Sarkozy aurait soutenu la perspective d'un plan de sauvetage de l'Union d'un montant de 300 milliards d'euros (Plan similaire au dispositif américain destiné à redresser le marché financier notamment en rachetant aux banques leurs prêts immobiliers insolvables). Mais l'annonce, même brève et obscure, d'un plan de sauvetage à la Paulson a mis en lumière les divergences européennes, faisant parfois ressurgir des sentiments nationalistes presque oubliés. Car l'Europe n'est pas les Etats-Unis : si elle se veut être une grande famille, elle n'en est pas moins composée d'individualités propres.
Par la voix de sa chancelière, Angela Merkel, l'Allemagne s'est ainsi immédiatement et fortement opposée à une telle initiative : « Il faut rétablir la sécurité et la confiance sur les marchés financiers, mais cela ne doit pas passer par un fonds européen centralisé, car l'Union européenne est fondée sur la subsidiarité ». A l'instar du Royaume-Uni, l'Allemagne réfute l'idée d'une mesure globale, privilégiant une réactivité au coup par coup.
Même son de cloche du côté de Frankfort où Jean-Claude Trichet, président de la BCE (Banque centrale européenne) estime qu' « un plan similaire à celui décidé par le gouvernement américain ne correspond pas à la structure politique de l'Europe ».
Devant une telle levée de boucliers, le démenti du gouvernement français au sujet d'un éventuel plan Paulson européen ne s'est pas fait attendre. Mais la route vers un dispositif d'envergure n'apparaît toutefois pas bloquée, certains observateurs estimant même que l'initiative qui semble tant diviser pourrait se retrouver au centre des discussions lors du sommet de samedi organisé par Nicolas Sarkozy. Seront conviés à l'Elysée les chefs d'Etat des quatre pays européens membre du G8 (France, Allemagne, Angleterre, Italie), le président de la BCE Jean-Claude Trichet, celui de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président de l'Eurogroup Jean-Claude Juncker.
Quoiqu'il en soit, la rencontre de samedi devrait permettre d'établir une ligne de conduite satisfaisant chacun des participants. En effet, une réunion du G8 semblant se profiler pour novembre prochain, les états européens présents devront alors parler d'une même voix s'ils veulent pouvoir influer efficacement sur les discussions.
Consulter toutes les actualités
Envie de réagir ou de partager vos expériences ? On en parle dans le forum : Forum immobilier
A lire également dans la rubrique crédit immobilier