Crise : l'Angleterre remet le plan de sauvetage européen au goût du jour

08/10/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Face à l'Allemagne, l'Angleterre rallie la France
Farouche opposant d'un plan de sauvetage à l'européenne hier encore, la Grande-Bretagne rejoind aujourd'hui la France pour défendre le projet.

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Royaume-Uni et Allemagne furent le weekend dernier les deux grands opposants à l'élaboration d'un plan de sauvetage européen des marchés financiers. Si la chancelière allemande, Angela Merkel, campe sur ses positions, Gordon Brown, le premier ministre anglais réévalue les risques et modifie littéralement son approche de la crise.

Gordon Brown a ainsi déclaré, lors d'une conférence de presse ce matin, être désormais favorable à un plan de sauvetage des banques à l'échelle européenne. Mieux, après avoir contacté Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, le premier ministre anglais annonce être « en consultation active sur un plan de financement européen » et appelle même les autres pays de l'Union à en faire de même : « Nous avons invité les autres pays européens à envisager des propositions que nous leur avons faites ce matin en vue d'un plan de financement à moyen terme ». Après avoir totalement été évincé en début de semaine, l'idée d'un système de soutien européen pour redresser les banques ébranlées par une crise financière initiée par le crédit immobilier à risque américain revient donc sur le devant de la scène.

Un peu plus tôt dans la matinée, le gouvernement britannique annonçait également la mise en place d'un vaste dispositif de soutien à huit grandes banques du pays. Tandis que la BoE (Banque of England, la banque centrale britannique) doit débloquer quelques 200 milliards de livres pour soutenir le marché, le gouvernement se prépare à une nationalisation partielle de ces groupes bancaires en proposant un plan de recapitalisation globale de près de 50 milliards de livres (soit 65 milliards d'euros). Abbey, Barclays, HBOS, HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society, Royal Bank of Scotland et Standart Chartered, les 8 banques concernées, ont d'ores et déjà confirmé leur accord et pourront ainsi puiser dans ce fond commun en cas de défaillances. « C'est un pas important en avant mais ce n'est pas le seul » a immédiatement précisé Alistair Darling, le ministre des Finances anglais.

L'Allemagne, quant à elle, a réaffirmé mardi sa désapprobation concernant ce plan de sauvetage européen en martelant, par la voix de la chancelière Angela Merkel, que face à cette crise financière l'Allemagne restait « forte et bien armée ». Le ministre des Finances allemand met en cause l'efficacité et l'obscurité d'un tel plan en déclarant « Nous refusons un parapluie européen dans lequel, en tant qu'Allemands, nous devrions verser pour un pot commun sans avoir le contrôle et sans savoir ce que devient l'argent allemand ». Après avoir secouru par deux fois ces derniers jours la 4ème banque du pays, Hypo Real Estate (HRE, spécialisée dans le financement immobilier) et avoir annoncé la sécurisation totale des épargnants (geste estimé à quelques 1.000 milliards d'euros), Angela Merkel se veut donc rassurante : « L'Allemagne s'est bien positionnée au cours des dernières années, elle est bien armée pour la mondialisation de l'économie. Et je suis fermement convaincue que cela nous aidera à surmonter les conséquences de la crise, même si ce ne sera pas facile ». L'occasion également pour elle de brocarder le système bancaire américain : « Pendant des années, des crédits immobiliers ont été octroyés aux clients des banques de manière irresponsable ».

Les soucis rencontrés par la banque immobilière HRE auraient pu sonner comme un premier avertissement d'importance si l'industrie allemande n'affichait pas encore aujourd'hui des chiffres encourageants. Il en faudra donc un peu plus pour qu'Angela Merkel accepte, à l'instar de Gordon Brown, l'idée d'un plan de sauvetage européen (plan qui propose un soutien commun à hauteur de 3% du PIB de chaque état de l'Union).

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