Le scandale financier Madoff : quelles banques sont concernées ?

15/12/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Fraude financière Madoff : les banques exposées
Alors que le monde découvre l'ampleur de la fraude organisée par le "super-courtier" Bernard Madoff, les banques évaluent les unes après les autres leurs éventuelles pertes.

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Jérôme Kerviel, trader isolé de la Société Générale, avait en début d'année défrayé la chronique, étonnant l'opinion publique et inquiétant les autorités financières en dilapidant près de 5 milliards d'euros dans une série de spéculations hasardeuses sur des produits douteux (notamment les fameux subprimes, ces prêts hypothécaires américains). Une affaire à 5 milliards d'euros qui, à l'heure des bilans, sera toutefois reléguée bien loin derrière les quelques 50 milliards de dollars alimentant le scandale Bernard Madoff.

Gérant de fonds américain mais surtout ancien patron du Nasdaq, Bernard Madoff est donc depuis jeudi dernier accusé d'avoir monté, au travers de sa société de conseils en investissements, une escroquerie à l'ampleur colossale : 50 milliards de dollars évanouis dans les méandres d'une fraude dite « pyramidale ». S'il convient pour l'instant d'employer le conditionnel, Bernard Madoff aurait semble-t-il proposé à ses clients d'investir dans des produits aux performances exceptionnelles. L'argent ainsi investi n'aurait alors servi qu'à alimenter les dites performances afin d'impressionner, de rassurer et pour finir d'attirer de nouveaux clients (dont les investissements éventuels servaient à grossir les performances des « produits Madoff » et à rémunérer les précédents investisseurs).

De telles sociétés à la limite de la légalité existent au sein de nombreux secteurs d'activité, mais aucune n'a pourtant atteint l'envergure de celle imaginée par Madoff. Si celle-ci pouvait s'adresser à certains particuliers extrêmement fortunés (Steven Spielberg notamment), son coeur de cible restait toutefois des institutions financières telles que des banques et des compagnies d'assurance.

Depuis la révélation de l'affaire Madoff, tous les observateurs scrutent le paysage financier mondial afin de déceler quels établissements pouvaient se trouver concernés. Des établissements qui ont, jusqu'à aujourd'hui, tentés de cacher leur exposition au scandale. Jean-Pierre Jouyet, nommé ce jour patron de l'autorité française de régulation des marchés financiers, indiquait hier ne pas avoir connaissance d'éventuelles répercussions sur des banques françaises : « s'il y a des établissements français, ce que je ne sais pas, ils sont soumis aux réglementations américaines (...) Ils ont d'abord à répondre à la SEC (Securities and exchange commission) ».

Ce matin pourtant, les langues se délient et de grands noms font surface : BNP Paribas, Natixis, Société Générale, HSBC, Santander, UniCredit, Royal Bank of Scotland, etc. Diagnostic-expertise.com dresse dès à présent une liste non exhaustive des établissements, tant français qu'étrangers, éclaboussés par la fraude orchestrée par Bernard Madoff.

  • BNP Paribas estime être exposée à ces investissements à hauteur de 350 millions d'euros. La banque « est toutefois exposé à un risque, du fait de ses activités de marchés et de prêts collatéralisés à certains fonds qui ont investi dans les hedge funds en question. Si la valeur des actifs de ces derniers était totalement anéantie, la perte de BNP Paribas pourrait s'élever à 350 millions d'euros ».
  • Natixis (filiale de la Caisse d'Epargne notamment spécialisée dans l'investissement immobilier) serait impactée pour près de 450 millions d'euros. Il s'agirait ici d'une exposition indirecte, Natixis indiquant qu' « aucun investissement pour compte propre dans les hedge funds gérés par Bernard Madoff Investment Securities ». Natixis serait en relation directe avec la société Fairfield Sentry, un fond supervisé par Bernard Madoff et commercialisé via le « hedge fund » Fairfield Greenwich.
  • Moins affectée, la Société Générale évalue son exposition « à moins de 10 millions d'euros ».
  • Une exposition similaire pour le Crédit Agricole évaluée ce matin « à moins de 10 millions d'euros » également.
  • Côté assureurs, Axa ne s'étend pas sur le montant d'éventuelles pertes liées à Bernard Madoff mais précise tout de même qu'elles ne devraient pas s'établir à plus de 100 millions d'euros.
  • Santander (Espagne), deuxième banque européenne en matière de capitalisation avoue que sa filiale d'investissement pourrait se trouver affecté par l'affaire pour près de 2,33 milliards d'euros.
  • Un autre groupe espagnol, BBVA, note quant à lui une exposition de « plusieurs centaines de millions d'euros »
  • Concernant la banque britannique HSBC, le Financial Times relevait une exposition de près d'un milliard d'euros.
  • La société Man Group (fond d'investissement anglais) aurait participé pour 360 millions d'euros à deux fonds dont Bernard Madoff aurait eu la gérance.
  • Royal Bank of Scotland pourrait, quant à elle, perdre près de 400 millions de livres, soit 460 millions d'euros.
  • De moindre ampleur, l'exposition du numéro un italien, UniCredit, s'élèverait à « environ 75 millions d'euros ». « Concernant sa division de gestion d'actifs Pioneer Investments, UniCredit confirme en outre que certains fonds appartenant à son unité d'investissements alternatifs ont été indirectement exposés à Madoff », indique le groupe dans son communiqué, ajoutant rapidement que « l'exposition des clients italiens est égale à zéro ».

Un scandale qui ne se limite pas aux Etats-Unis ou à l'Europe mais qui s'étend jusqu'aux marchés asiatiques où les répercutions commencent à se faire jour.

  • Le groupe japonais Nomura Holdings révèle ainsi une perte éventuelle de 225 millions d'euros (27,5 milliards de yens).
  • En Corée du sud, l'exposition totale des établissements pourrait se porter à 95,1 millions de dollars.

Bernard Madoff fonda sa société dans les années 60 (la Bernard Madoff Investment securities) mais faisait depuis 1992 l'objet d'enquêtes régulières de la part de la SEC (l'autorité américaine de régulation des marchés financiers). Celles-ci n'ont pourtant jamais réussi à révéler au grand jour l'énorme fraude qu'on lui reproche aujourd'hui. A 70 ans, l'ancien patron du Nasdaq (en exercice dans les années 90) encours 20 ans de prison ainsi qu'une amende pouvant s'élever à 3,7 millions d'euros.

Vos réactions

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3 1

Par caniche de garde -

Et en France, le gouvernement dépénalise le droit des affaires .....

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