Les professionnels de l'assurance crédit face à la colère du Gouvernement

12/05/2009 à 00:00 - Crédit immobilier - Diagnostic Expertise - Par Alix Guinet

L'assurance crédit s'expliquent à Matignon
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Rendez-vous crucial, ce mardi 12 mai, pour les professionnels de l'assurance de crédit. Reçus en effet aujourd'hui à Matignon, les principaux groupes français (Heuler Hermès, la Coface, Atradius, etc.) devront s'expliquer devant le Premier ministre sur les différentes actions qu'ils ont pu entreprendre depuis quelques mois quant à la gestion de la crise. Une entrevue qui, en présence de Christine Lagarde, ministre de l'Economie et de René Ricol, le médiateur du crédit, s'annonce des plus tendues.

Souvenons-nous, le 19 janvier dernier, les grands patrons des plus importantes banques françaises s'étaient vus convoqués à l'Elysée où Nicolas Sarkozy attendait leurs propositions d'actions pouvant être menées face à la crise et ce, en contrepartie du soutien financier de l'Etat. Si l'engagement avait déjà été pris de développer la distribution du crédit aux entreprises et particuliers de 3 à 4% en 2009 (notamment le prêt immobilier), les banquiers annonçaient, au sortir de la réunion, tirer un trait sur leurs primes et bonus exceptionnels. Il ne s'agit pas aujourd'hui pour les assureurs de crédit de renoncer à un quelconque avantage financier mais plutôt de répondre d'une stratégie économique jugée inappropriée et alarmante par le gouvernement.

Ayant pour mission de sécuriser les entreprises d'éventuels défauts de paiement de leurs clients, les professionnels de l'assurance crédit semblent craindre plus que de raison les défaillances d'entreprises engendrées par la crise économique. Des hypothétiques défaillances qui poussent les assureurs à réduire progressivement et en toute discrétion les garanties jusque là proposées aux entreprises. S'il s'agit là d'un réflexe de survie motivé par l'angoisse de l'incertitude, cette politique de resserrement n'en suscite pas moins la colère d'un médiateur du crédit, René Ricol, échaudé par les banquiers. « Il faut arrêter le massacre, on est en train de tuer des entreprises et d'aggraver la crise avec une politique irresponsable et opaque ! Des clients d'entreprises, pourtant sains et solvables, ne sont plus couverts. Nous n'acceptons pas que trois assureurs crédit fichent tout par terre. Ils doivent s'expliquer. Donner des gages », tempête-t-il à ce sujet.

Une colère légitime tant le crédit inter-entreprise, avec quelques 1.400 milliards d'euros annuels, participe de la trame économique française. Si l'assurance de crédit venait à faire défaut aux entreprises, ces dernières n'auraient alors d'autres choix que d'exiger un paiement comptant de la part de leurs clients, entrainant par la même une réduction notable et généralisée des échanges économiques. Afin d'illustrer une telle situation, le quotidien Le Monde évoque ainsi le cas de la société But. Présentant des résultats stables pour 2009 mais en butte à la désaffection de son assureur de crédit, le géant de l'ameublement voit son activité grandement diminuée. « Nos plafonds de couverture ont été réduits de moitié par Euler Hermès, ce qui envoie un message négatif à nos fournisseurs. Nous ne sommes plus livrés qu'à hauteur des montants assurés. Certains de nos magasins ne sont pas livrés. Il n'y a aucune raison objective, nous avons toujours payé à échéance. On nous fait payer la crise ! », déplore Thierry Scordel, le directeur financier de l'enseigne.

Les professionnels de l'assurance de crédit invoquent le principe de précaution pour justifier leurs conditions de garanties de plus en plus élevées alors que de tels exemples semblent se multiplier partout en France. La rencontre de ce jour aura donc pour objectif, précise le cabinet de François Fillon, « de s'assurer que les résultats enregistrés sur le financement des entreprises par les banques ne soient pas freinés par les difficultés pour trouver un assureur-crédit ». Le Gouvernement entend en outre imposer aux assureurs de crédit un devoir d'information accru envers les entreprises, clientes ou non, qui pourraient voir leur notation abaissée (les assureurs de crédit attribuent une note aux entreprises en fonction de leur solvabilité. Plus une note est basse, plus courts sont les délais de paiement accordés à l'entreprise).

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Par jipete35 - 18/05/09, 12:34

quand on est assureur-crédit, l'objectif devrait être d'assurer les crédits !qu'en est-il réellement ?
et le système instauré est si pervers, qu'un assureur crédit qui refuserait d'assurer une entreprise, se féliciterait d'avoir eu le nez fin en la voyant sombrer... en oubliant qu'il est le responsable de son dépôt de bilan !!
L'égoïsme ou l'incapacité à avoir une vue systémique sont les maux de notre organisation financière actuelle...
Bonne journée.

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