Crise financière : le spectre des nationalisations plane sur l'Europe

19/09/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

L'Europe face au spectre des nationalisations
Les premières nationalisations de grands groupes bancaires ont déjà eu lieu aux Etats-Unis. L'Europe doit-elle s'attendre à subir le même sort ?

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Si la crise actuelle secoue autant les banques américaines que les bourses mondiales, l'idée de catastrophe financière reste somme toute assez floue dans l'esprit du petit épargnant français. Pourquoi irait-il s'inquiéter pour des groupes bancaires basés à l'autre bout du monde et dont il n'avait jusqu'à présent jamais entendu parler ? Les médias ne cessent d'évoquer une crise mondiale mais qu'en est-il de la banque au sein de laquelle dorment ses économies ?

L'effondrement d'une banque américaine n'ébranle pas que le sol des Etats-Unis, les secousses en retour se font sentir sur l'ensemble de la planète Finance. En effet, une banque qui accorde un prêt immobilier à un particulier doit pouvoir se renflouer afin de satisfaire les demandes suivantes. Pour se faire, elle peut s'adresser auprès d'une caisse de dépôt qui lui prêtera de l'argent mais également auprès des autres banques. Si à petite échelle ce ne sont que deux établissements qui sont concernés, à grande échelle ces prêts interbancaires tissent une toile reliant la quasi-totalité des banques mondiales entre elles. Lorsqu'un maillon se rompt, qu'il est dans l'incapacité de rembourser les crédits que ses consoeurs lui ont accordés, c'est toute la chaine qui se retrouve fragilisée.

Prenons l'exemple de Lehman Brothers, grande banque d'investissement américaine dont la faillite en début de semaine s'est vue exposée en première page de tous les quotidiens. La dette du groupe s'élevait à 613 milliards de dollars au sein desquels, près de 4 milliards de dollars ont été prêtés par des banques françaises. La grande majorité de ces prêts sont garantis (l'établissement français prêteur récupèrera alors son argent) mais des groupes comme Natixis ou Dexia disposaient auprès de Lehman Brothers d'engagements non sécurisés (Les pertes estimées se portant respectivement à 100 millions d'euros et 350 millions d'euros).

Toutes les banques françaises ne sont donc pas logées à la même enseigne en ce qui concerne leur relation à la crise. La distinction est en effet à faire entre des établissements tels Natixis et Dexia, qui ont cherché un profit important et rapide en spéculant sur la bulle immobilière et des établissements plus « tranquilles », plus généralistes qui, si eux aussi se sont essayés à la spéculation, fondent l'essentiel de leur solidité sur les épargnes et les comptes de leurs clients (s'assurant ainsi une recapitalisation peut être moins rapide mais également moins risquée). C'est d'ailleurs cette particularité qui fait dire à Christine Lagarde, la ministre de l'économie, que « l'exposition [à la crise] des banques françaises est faible ».

Toutefois, et en attendant la probable mise en place du plan de sauvetage de Washington, les grands groupes américains en difficulté vont être dans l'obligation de vendre leurs actifs (portefeuilles d'actions, rachat crédit immobilier, etc.) afin de pouvoir subsister. A cause de leur fragilité actuelle, ces ventes se règleront à bas prix sur les marchés boursiers, influant mécaniquement sur les autres banques et notamment les françaises qui devront alors s'attendre à une dépréciation de leurs actifs. Si, comme on peut s'y attendre, la dévalorisation de ces actifs s'avère d'importance, les banques françaises qui ont bâti leur évolution sur ces mêmes actifs pourraient rapidement se retrouver au bord du gouffre.

En France ce risque concerne évidemment moins les banques « généralistes » que les banques d'investissement à la stratégie plus hasardeuse. Dans une telle situation, ces dernières n'auraient alors que deux solutions afin d'éviter la faillite : trouver un repreneur qui accepterait de racheter leurs créances ou attendre leur nationalisation par l'Etat. Ces nationalisations sont déjà effectives aux Etats-Unis, AIG et l'établissement de crédit Fannie Mae et Freddie Mac en sont les premiers exemples. Si la crise financière doit perdurer, le recours à un « Etat providence », tant aux Etats-Unis qu'en Europe, pourrait irrémédiablement s'imposer, voyant alors le nombre de nationalisations se multiplier.

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