Enorme perte pour la banque Natixis, le crédit immobilier à risque en cause

14/05/2009 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Le crédit et l'immobilier coulent Natixis
Enorme perte pour la banque Natixis, le crédit immobilier à risque en cause

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La nuit n'aura pas été des plus reposantes pour les actionnaires de la banque Natixis qui ont vu leur poulain présenter un quatrième trimestre consécutif de pertes.

A la veille de la publication des résultats trimestriels, certains analystes prévoyaient une perte nette pour Natixis de près de 600 millions d'euros. La faute, estimaient-ils, à la présence dans les caisses de la banque de plus de 60 milliards d'euros de produits toxiques, dérivés entre autre des fameux subprimes américains (crédit immobilier à risque et prêt hypothécaire notamment). Une estimation bien pessimiste qui s'est pourtant révélée être bien en deçà de la réalité. Lors de la présentation de ses comptes, le mercredi 13 mai, la filiale commune des Caisses d'Epargne et de la Banque Populaire a finalement dévoilée une perte de plus de 1,8 milliards d'euros (1.839 milliards exactement).

Quand bon nombre de banques annoncent des résultats honorables sur ce premier trimestre 2009, Natixis s'enfonce donc un peu plus, victime récurrente d'un prêt immobilier « pourri » (celui-là même qui a engendré la crise financière internationale) et d'actifs toxiques divers. Le groupe pourra toutefois compter sur le soutien de ses deux principaux actionnaires que sont les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires qui devraient allouer quelques 3,5 milliards d'euros en vu du rétablissement de leur filiale. Cette injection de fonds devrait se composer comme suit :

  • 2 milliards d'euros de titres de dette définis par André-Jean Olivier, le directeur financier de Natixis, comme « le miroir des concours apportés par l'Etat à nos organes centraux ». Rappelons que l'Etat avait octroyé aux Caisses d'Epargne et Banques Populaires près de 5 milliards lors de leur fusion.
  • 1,5 milliards d'euros à titre d'avance. Concernant cette dernière, André-Jean Olivier n'exclut pas un « caractère remboursable ».

L'action entreprise par ses deux actionnaires majoritaires permet d'ores et déjà à un directeur général de Natixis, Jean-Marc Moriani, soulagé, de déclarer que « grâce à cet apport de capital, Natixis restera doté d'une structure en capital solide ». Un directeur cédant sa place ce jour à Laurent Mignon (décision prise bien avant la publication des résultats et sans rapport direct) qui reste toutefois conscient des difficultés actuelles : « il est prématuré de dire que le marché à touché son point bas et comme les actifs que nous avons sont sensibles au marché, de nouvelles dépréciations ne sont pas exclues », estimait-il ainsi.

Enfin, pour le quotidien Les Echos, le futur patron des Caisses d'Epargne / Banques Populaires, François Pérol, est revenu sur la situation du groupe. « Natixis a été au premier trimestre très lourdement impacté par la crise : la dégradation de l'environnement économique et financier a conduit à des dépréciations d'actifs importantes dans le portefeuille cantonné, qui est géré en extinction », déclarait-il avant de relativiser l'ampleur des dégâts. « Dans le même temps, les activités pérennes de la société, dans la banque de financement et d'investissement et dans les autres métiers de gestion d'actifs, d'assurance, de crédit à la consommation par exemple ont dégagé des résultats en forte progression par rapport au trimestre précédent ».

Tout au long de l'entretien, le futur PDG s'est donc voulu rassurant tout en évitant le piège de l'optimisme à outrance. Il a ainsi avoué l'instabilité de sa filiale face à un avenir incertain : « il est encore trop tôt pour dire si les dépréciations sont terminées. Cela dépendra essentiellement de la poursuite ou non de la dégradation de la conjoncture et notamment d'un certain nombre de marchés auxquels notre portefeuille d'actifs cantonnés est exposé, notamment l'immobilier résidentiel et commercial américain ».

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