Crise immobilier : les pompiers Paulson et Bernanke face à l'incendie financier

19/09/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Le plan Paulson-Bernanke contre la crise
Afin de juguler la crise financière, le gouvernement américain pourrait liquider toutes les créances insolvables des banques.

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Après plusieurs baisses successives, les bourses mondiales ont hier repris un peu d'air en clôturant pour la plupart à la hausse : Wall Street s'adjuge un historique +4% (record depuis 6 ans), à Paris le CAC 40 récupérait ce matin 5,48% alors que Shanghai et Hong Kong reprenaient respectivement 8 et 7,2%.

Malgré l'espoir hier des différentes Banques centrales de voir leur tentative de sauvetage être couronnée de succès (plusieurs d'entre se sont portées au secours de la Réserve Fédérale américaine à hauteur de 180 milliards de dollars), c'est pourtant tout autre chose qui a redonner le sourire aux places financières. En effet, une rumeur s'est très rapidement répandue dans les travées boursières selon laquelle le gouvernement fédéral allait mettre en place un vaste plan de sortie de crise.

La crise financière actuelle repose essentiellement sur la multitude d'actifs invendables grouillant dans les poches des banques (actifs constitués en majorité de subprimes, ces prêts hypothécaires à risque). Le gouvernement américain pourrait créer une institution chargée de récupérer cette masse de crédits insolvables qui pour l'instant asphyxie les banques. Dans la soirée de jeudi, Henry Paulson, le secrétaire au Trésor et Ben Bernanke, le président de la FED, sont ainsi allés ensemble présenter ce plan d'envergure aux dirigeants du Congrès. « Nous avons évoqué une approche globale qui nécessitera des textes de loi pour traiter les actifs illiquides des bilans des établissements financiers » a déclaré Henry Paulson au sortir de cette réunion.

Après l'aide accordée à AIG et au groupe de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac, après les multiples liquidités versées par la FED pour désengorger les marchés financiers, Washington pourrait donc remettre la main à la poche. Mais l'investissement à effectuer pour racheter la totalité des créances « pourries » des banques n'est aucunement comparable aux précédents : si le montant exact n'est pas connu, il devrait toutefois se chiffrer en centaines de milliards de dollars.

Le Congrès et les classes politiques sont ainsi partagés entre la perspective d'endiguer la crise financière et celle de ponctionner encore un peu plus les contribuables. A l'instar de son père qui avait mis en place un plan similaire en 1989 (la Resolution Trust Corporation), G.W. Bush croule déjà sous une salve de critiques émanant tant des Démocrates (qui exigent en contrepartie des remises fiscales pour les ménages modestes) que des Républicains. Mais tout comme son père avant lui, G.W. Bush ne devrait pas céder et le Congrès, à l'idée de trouver enfin une sortie à la crise, devrait avaliser la création du plan Paulson-Bernanke, creusant davantage le déficit des finances publiques.

En débarrassant les banques des actifs qui les étouffent, à savoir prêt hypothécaire, crédit immobilier ou encore crédit à risque, le gouvernement américain pourrait devenir le plus gros propriétaire foncier du pays, s'adjugeant la propriété de logements achetés par des ménages qui ne peuvent de toute façon plus rembourser le crédit qu'ils avaient contractés. Reste donc à voir ce que le gouvernement fédéral décidera de faire de ces pauvres gens : revoir à la baisse la durée d'amortissement et les taux immobiliers délirants sur lesquels ces ménages ont souscrit leur prêt ou assisterons-nous à la création des « HLM à l'américaine » (permettre à ces particuliers endettés de louer le logement avant de pouvoir le racheter à l'Etat à bas prix) ?

Quoiqu'il en soit, G.W. Bush s'apprête à léguer un drôle d'héritage à son successeur. Un successeur qui, que ce soit Barack Obama ou John McCain, évite consciencieusement le sujet en se demandant certainement bien comment il va pouvoir tenir ses promesses électorales avec un déficit budgétaire d'une telle ampleur.

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