Négociation et baisse des prix, la réalité de l'immobilier04/05/2009 à 00:00 -Immobilier - Par Alix Guinet
Les crises conjuguées de la finance, du crédit et du logement ont aujourd'hui considérablement modifié le paysage d'un secteur immobilier en pleine restructuration. Baisse des prix et négociation sont désormais considérées comme des standards, des passages obligés avant de conclure la moindre transaction. Dans un entretien accordé ce lundi 4 mai au site Capital.fr, Patrick Michel Khider et Bernard de Crémiers, dirigeants de Laforêt Immobilier, évoquent une baisse du prix de vente constatée sur l'ensemble du territoire. « Entre janvier et avril, les prix des logements, compris entre 150.000 et 250.000 euros, soit 80% du marché, ont baissé de 10% », précisent-ils. Un repli que le réseau d'agences immobilières entrevoit constant tout au long de l'année 2009 : « la baisse des prix devrait suivre la tendance des quatre premiers mois, avec un repli moyen de 10% par rapport à l'année dernière ». Un repli de la valeur marchande des biens immobiliers amplement relayé par les médias et s'imposant progressivement comme une réalité dans l'esprit des acquéreurs potentiels. Le terme de « retournement du marché » n'aura jamais été aussi adapté à la situation qu'actuellement, la courbe décroissante des prix de vente inversant les rapports de force jusqu'alors établis : c'est aujourd'hui l'acheteur qui possède les clés du marché. « Pas question d'acheter si on n'a pas le sentiment de faire une bonne affaire ! Nous sommes désormais sur un marché d'opportunité. Les acheteurs se montrent de plus en plus durs en négociation. Dès les premiers rendez-vous, les candidats à l'achat tablent désormais sur 15 à 20% de rabais. En face, les vendeurs sont contraints d'accepter un compromis. Sous peine de ne pas vendre leurs logements », indiquent à ce sujet Patrick Michel Khider et Bernard de Crémiers. Négocier s'impose donc désormais comme une nécessité pour le futur acquéreur. Une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) observe ainsi que si « en 2007, 33 % des consommateurs disaient comparer davantage les prix, le chiffre est monté brusquement à 51 % à l'été 2008 ». L'enquête portait sur l'ensemble des secteurs de consommation dont celui de l'immobilier. Que les vendeurs se résignent, le prix auquel s'adjugera un logement sera dans une grande majorité des cas bien inférieur au prix qu'ils auront initialement établi. Une réalité également admise par la FNAIM, la si contestée fédération nationale des agents immobiliers, considérée jusqu'à il y a peu comme les garants des prix en hausse et d'un marché en pleine expansion. « J'ai même tendance à considérer que négocier un logement est la règle », a ainsi déclaré son président René Paillincourt. Consulter toutes les actualités
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