Epargne et taux de crédit menacés par la perte du Triple A

20/11/2012 à 10:03 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Perte du Triple A : quel impact ?
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Après Standard and Poor's en janvier, c'était cette nuit au tour de l'agence de notation Moody's de dégrader la note de la France, l'abaissant à Aa1. Pour le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, la perte du Triple A français sonne comme « une sanction de la gestion du passé qui nous incite à mettre en oeuvre rapidement nos réformes ». Pour Moody's, il s'agit avant tout d'alerter la France sur sa perte de compétitivité mais aussi sur la trop lente mise en place des réformes (principalement celles visant les entreprises et le coût du travail).

Parmi les trois grandes agences de notation, seule Fitch continue donc aujourd'hui d'accorder sa confiance à la France. En dehors de toute considération politique, cette dégradation suscitera sans doute bon nombre d'interrogations auprès des particuliers, notamment en ce qui concerne son éventuel impact sur leur épargne ou l'évolution des taux de prêt immobilier.

En matière d'épargne, l'assurance vie pourrait être l'une des premières à subir les effets de la perte du Triple A. En effet, s'il s'agit là d'un placement considéré comme relativement sûr, c'est avant tout parce qu'il est constitué de produits financiers adossés à la dette souveraine (des sicav par exemple). Or, ce lundi 19 novembre, en perdant une nouvelle fois son Triple A, la France perd non seulement une partie de la confiance des marchés mais également la possibilité de pouvoir conserver dans ses produits d'épargne des sicav adossées à sa dette souveraine. En effet, un Etat ne peut proposer des Sicav adossées à sa dette que si au moins deux agences sur trois lui accordent un Triple A. Ce n'est désormais plus le cas et les établissements distribuant des produits d'épargne devront très certainement se tourner vers des montages financiers plus sécurisés (adossés à la dette allemande par exemple).

La dégradation de la note française devrait également venir impacter des taux de crédit immobilier pourtant aujourd'hui extrêmement bas. Il s'agit là d'une menace bien réelle puisqu'en perdant son Triple A, l'Etat perd dans le même temps cette confiance que lui accordaient jusqu'à présent les marchés financiers. Si la France emprunte actuellement à un taux de 2,1%, celui-ci pourrait bien rapidement être révisé à la hausse (à titre de comparaison, l'Espagne et l'Italie empruntent sur les marchés à un taux avoisinant les 6%).

Concernant les banques, ces dernières se refinançant à des taux proches de ceux appliqués à l'Etat devraient donc également subir de plein fouet le contrecoup de cette dégradation. Un contrecoup qui, par un simple effet de levier, se traduira à n'en pas douter par une hausse des taux d'intérêts pratiqués en matière de prêt immobilier et, par extension, par une réduction du budget même des ménages.

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