Crise de l'immobilier : dissentions au sein de la FNAIM

29/09/2008 à 00:00 - Estimation immobilière - Par - Réagir

Immobilier : une FNAIM à deux vitesses
Si le nouveau délégué général de la FNAIM prône une certaine franchise en ce qui concerne la crise immobilière, d'autres se montrent plus prudents.

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Négation de la crise immobilière, optimisme indéfectible, prise de conscience soudaine, discours alarmistes... Depuis maintenant plusieurs semaines, les positions adoptées par la FNAIM (fédération nationale de l'immobilier) ne cessent d'étonner. Si ces changements brutaux d'attitude ont pu éroder une crédibilité déjà chancelante aux yeux de certains observateurs, l'unité affichée par la fédération n'avait pourtant jamais été remise en cause. Mais ce dernier bastion de cohérence semble désormais plus instable qu'il n'y paraissait. Malmenée par une crise immobilière dont elle avait minimisé l'importance, la belle cohésion de la FNAIM se craquelle peu à peu, laissant poindre les prémices de dissensions internes inquiétantes.

En début de semaine, Henry Buzy-Cazeaux, le délégué général de la FNAIM, surprenait le petit monde de l'immobilier en confirmant l'existence d'un retournement du marché évoqué déjà depuis bien longtemps par la plupart des experts et professionnels : « Aujourd'hui, la question de la baisse des prix ne se pose même plus. Nous devons donc dire la vérité. » Comme pour assoir un peu plus le changement de stratégie adopté par la fédération, son délégué général n'avait ensuite pas hésité à ajouter, concernant Paris : « la capitale subira également une baisse des prix d'ici à la fin de l'année, et même sans doute plus violente que dans le reste de la France ».

Deux déclarations loin d'être innocentes qui sonnaient plutôt comme une injonction à destination de vendeurs inflexibles : revoyez vos prétentions sous peine d'assister à un blocage total d'un marché immobilier déjà ralenti par la raréfaction du prêt immobilier, semblait-il vouloir dire. Mais le message n'a visiblement pas été entendu ni apprécié par tous les membres de la fédération. C'est notamment le cas du président de la FNAIM Paris Ile-de-France qui, profitant de la médiatisation du Salon immobilier de Paris, n'a pas hésite à marquer son désengagement : « les prix à paris ne baissent pas ! [...] Je ne suis pas d'accord avec les positions d'Henry Buzy-Cazeaux, et il le sait ».

Un schisme serait-il en train de voir le jour entre un nouveau courant incarné par Henry Buzy-Cazeaux et une partie, peut être plus conservatrice, de la fédération ? Là où le nouveau délégué général parle d'une baisse de 10 à 20% des prix de l'immo, les responsables franciliens évoquent une « situation stable et saine », une « demande qui reste forte », précisant même qu' « aucun arrondissement parisien n'est en baisse ».

Confiance excessive en des outils statistiques à la fiabilité parfois mise en cause ? Soutien inconditionnel apporté à une stratégie de communication plus que prudente ? Quoiqu'il en soit, s'ils sont niés en public, les signaux précurseurs d'une prochaine baisse des prix se font toutefois entendre en coulisses : recul notable du nombre de ventes et délais de transaction de plus en plus importants.

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