Immobilier et pétrole : la lutte est engagée

03/07/2008 à 00:00 - Estimation immobilière - Par - Réagir

L'immobilier face au pétrole
Conséquence directe de l'envolée du prix du pétrole, le budget essence des ménages devient désormais un critère important pour le choix d'un bien immobilier.

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Ce n'est désormais un secret pour personne, le retournement du marché immobilier est effectif et le prix de vente des biens en circulation baisse. Les acquéreurs deviennent plus sélectifs, signe que, comme le déclare Jean-François Humbert, Président de la chambre des notaires de Paris et d'Ile-de-France, « Nous rentrons dans un nouveau cycle immobilier ». Etat général, date de mise en vente, comparaison avec d'autres biens similaires, aujourd'hui le futur acheteur examine chaque aspect du logement avant de se décider. C'est ce que constate Christophe Cremer, président de meilleutaux.com : « Il n'est pas normal qu'un cinquième sans ascenseur soit au même prix qu'un logement pourvu d'ascenseur. Aujourd'hui, le marché est plus compliqué : actuellement pour vendre un bien il faut faire en moyenne 15 visites, il y a six mois cinq visites suffisaient ».

Si les prix de l'immobilier en centre ville n'affichent pour l'instant qu'un léger recul, ceux situés en périphérie accusent le coup en révélant une baisse bien plus importante. Preuve s'il en ait qu'un paramètre a petit à petit fait son apparition pour devenir désormais essentiel quant à la prise de décision des acquéreurs : la distance entre la maison ou l'appartement et le lieu de travail.

Les ménages aux revenus modestes sont de plus en plus réticents à s'éloigner des grandes villes et accordent, envolée du prix du pétrole oblige, une place aujourd'hui importante à leur budget essence (budget parfois pris en compte dans l'obtention d'un crédit immobilier). « Nos clients parcourent, en moyenne, 70 kilomètres pour aller et venir à leur travail, leur budget essence est passé, en quelques semaines, de 100 à 125 euros par mois et par voiture », explique Alain Tur, PDG du promoteur et constructeur lyonnais AST. Patrice Petit, directeur d'agence à Tours et président de la Fnaim de la région Centre rajoute que « Les gens cherchent des logements dans un rayon de 20 kilomètres autour de leur lieu de travail, [au-delà] même des maisons d'un bon rapport qualité-prix se vendent difficilement ». Parallèlement au retournement, certains professionnels pronostiquent même une modification du marché immobilier comme l'explique un agent immobilier : « Jusqu'ici on avait un équilibre entre les clients qui préféraient le centre et d'autres plutôt adeptes d'une vie au vert. Mais avec la hausse de l'essence, on peut craindre que les marchés de la périphérie ne deviennent très difficiles. »

A un baril de pétrole qui dépasse aujourd'hui nettement la barre des 140 dollars (144,23 dollars ce jeudi 03 juillet), viendra s'ajouter la prochaine mesure de taxation des voitures polluantes initiée par le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo : la nouvelle vignette auto. Le dispositif, déjà en vigueur mais devant être élargi d'ici 2009, aura très certainement un impact sur le marché immobilier (venez vous exprimer à ce sujet sur notre forum). En effet, pour un ménage souhaitant acquérir un bien immobilier en dehors des villes, le financement de cette taxe (pouvant aller jusqu'à 2.600 euros pour les voitures les plus polluantes type 4x4) sur un ou plusieurs véhicules pourrait bien devenir également un facteur décisionnel important quant au choix du nouveau logement.

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