Crise financière : après un lundi noir, l'Europe prend ses premières mesures

07/10/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Crise : Les marchés chutent, l'Europe réagit
Après le Krach boursier de ce lundi, l'Europe se mobilise et affiche une unité de façade en présentant sa première mesure commune.

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Crise financière oblige, la suspicion qui entrave les prêts interbancaires (les banques qui autrefois se refinançaient les unes auprès des autres ont désormais beaucoup de réticences à s'accorder mutuellement des crédits) gagne également les places boursières. Si la confiance qui a rapidement déserté les relations entre les établissements pourrait mettre bien plus de temps à se réinstaller, il n'en va heureusement pas de même pour les marchés financiers où un petit rien peut parfois provoquer le rebond. Mais pour l'heure l'inquiétude demeure.

Et l'inquiétude est mauvaise conseillère puisque ni l'adoption du plan Paulson aux Etats-unis (visant à racheter les actifs douteux liés notamment au crédit immobilier à risque dit subprime), ni les diverses nationalisations européennes, ni la garantie des dépôts en Allemagne, ni les concertations multipliées entre dirigeants n'ont su apaiser les tensions. « C'est la panique générale. Tout le monde espérait après l'adoption du plan Paulson et les opérations de sauvetage en Europe que les choses se calmeraient. Mais en réalité, il y a toujours des craintes d'effet domino », a ainsi déploré Adrian van Tiggelen, économiste chez ING Investment à Amsterdam. Les marchés ont anticipés une crise qu'ils imaginent désormais durable en clôturant, ce lundi, chacun leur tour à la baisse.

Wall Street et les places asiatiques furent les premières à tomber avec un Dow Jones passant pour la première fois depuis 2004 sous le seuil des 10.000 points, des bourses de Tokyo, Hong Kong et Djakarta dévissant respectivement de -4,2%, -5% et -10%. Plus tard dans la journée de ce que beaucoup nomme déjà le « lundi noir 2008 », les marchés européens leur ont emboité le pas (-7,07% à Frankfort, -7,85% à Londres, -8,24% à Milan). Mieux, cette journée fut aussi celle des records puisqu'à Paris le CAC 40 a enregistré sa chute la plus importante depuis sa création (un -9,04% bien au-delà du -7,39% du 11 septembre 2001) et la bourse de Moscou a clôturé à un repli historique de -19%.

Côté américain, Georges W. Bush prône une action mondiale « forte et coordonnée » tout en rappelant que le plan Paulson nécessite « un peu de temps », tandis qu'en Europe rassurer devient le mot d'ordre, à l'instar de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France : « l'inquiétude vient de la situation économique, il n'y aucune raison de penser que les Bourses vont s'écrouler [...] Les entreprises sont fondamentalement solides, elles ont une activité qui est ralentie, mais elles continueront à faire des bénéfices dans les années qui viennent ».

Si le plan Paulson n'a donc pas réussi à convaincre, les marchés ont toutefois amorcés une timide hausse ce mardi en début de séance avant de chuter de nouveau en cours de journée. Peut être seront-ils plus enclins à être rassurés par le compte-rendu de la réunion de l'Ecofin (rassemblant les 27 ministres européens des Finances) qui s'est tenue ce mardi au Luxembourg. Une réunion au cours de laquelle décision a été prise de relever, sur le plan européen, la garantie minimum de dépôt de 20.000 à 50.000 euros. Si la France, garantissant déjà les dépôts à hauteur de 70.000 euros, n'est que peu concernée par une telle mesure, cette dernière à toutefois le mérite de proposer au monde l'image d'Etats de l'Union qui savent « se coordonner étroitement dans leurs actions et prendre en compte les effets transfrontaliers potentiels de décisions nationales ». « Nous nous sommes mis d'accord pour soutenir les institutions financières systémiques » ont également ajouté les ministres (sécurisant ainsi les groupes bancaires dont les défaillances pourraient nuire au système dans son ensemble).

Présenter un tel front commun est peut être ce qui a manqué au G4 réuni samedi dernier à l'Elysée (France, Italie, Angleterre, Allemagne). De ce sommet voulu par Nicolas Sarkozy n'avaient finalement été retenus que le non catégorique de l'Allemagne au sujet d'un plan européen de sauvetage et la division apparente de l'Union face à une crise qui requérait concertation et organisation communes. C'est également ce qu'explique Andreas Höfert, chef économiste à UBS : « cette cacophonie a été très, très mal ressentie par les marchés, américains notamment ».

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