Le trou de la Caisse d'Epargne : explications et enquête

28/10/2008 à 00:00 - Crédit immobilier - Par - Réagir

Enquête judiciaire pour la Caisse d'Epargne
Après avoir affiché une perte de plus de 750 millions d'euros, la Caisse d'Epargne part en quête des responsables.

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Le départ de deux de ses dirigeants (Charles Milhaud son président et Nicolas Mérindol son directeur général) le 19 octobre dernier n'a pas clôt le dossier des dérives spéculatives de la Caisse d'Epargne.

Le 17 octobre 2008, la Caisse d'Epargne faisait état d'une perte de quelques 600 millions d'euros due au zèle excessif de certains de ses traders (perte réévaluée plus tard à 751 millions d'euros). La Caisse Nationale des Caisses d'Epargne (CNCE) se livrait jusqu'en avril 2008 à une pratique courante au sein des banques : la gestion pour compte propre. Légale et extrêmement répandue, l'activité consiste à injecter les fonds propres de l'établissement sur les marchés afin de le faire fructifier. Dans un contexte de crise financière déjà bien installé à l'époque, la Caisse d'Epargne prend la décision de stopper ce genre de pratiques et en informe la Banque de France en août 2008. Un groupe de huit traders est alors en charge, jusqu'à la fin de l'année, de la disparition en douceur du secteur « gestion pour compte propre ». Or, sans que la direction n'ait donné de quelconques consignes dans ce sens, l'un de ces spéculateurs prend des positions importantes et risquées en misant sur le rebond du marché après l'annonce du plan de sauvetage du secrétaire au trésor américain Henry Paulson.

Malheureusement pour le trader, tout cela se passe début octobre à la veille d'une semaine historique de krachs à répétition. Le lundi 13 octobre 2008, le trader remet sa démission à sa direction alors que ses initiatives ont enfanté une perte de près de 100 millions d'euros. Tout aurait pu en rester là si le spéculateur malheureux, certainement dépassé par les évènements, n'avait pas omis de retirer ses positions avant de quitter son poste. Des positions qui ont donc continué à creuser le trou, portant dès le jeudi suivant la perte à 400 millions d'euros.

Alertée lors de la démission du trader, la Caisse d'Epargne tente alors de colmater les brèches en cédant les positions à risque prises par leur employé (qui continuent d'éroder les fonds propres de la banque). Ce sont BNP Paribas et la Société Générale qui se porteront volontaires, moyennant finances, pour débarrasser la Caisse d'Epargne de ces actifs nuisibles (il ne s'agit pas là de dérivés du crédit immobilier ou du prêt hypothécaire mais plutôt de positions prises sur des indices de volatilité de diverses bourses européennes - positions spéculant sur l'amplitude des cours). Au total, l'Ecureuil aura donc accusé une perte de quelques 751 millions d'euros.

La Caisse Nationale des Caisses d'Epargne a déposé une plainte contre X pour « abus de confiance » auprès du parquet de Paris qui a donc chargé, vendredi dernier, la brigade financière d'enquêter sur les procédés qui ont conduit à cette perte ainsi que sur les éventuelles responsabilités. Concernant les activités spéculatrices qui ont engendré une telle situation, la Caisse d'Epargne a déclaré qu'« à l'issue des premières investigations menées par les services de l'inspection et de la déontologie de la CNCE, il est apparu des éléments troublants [pouvant] revêtir à l'évidence une qualification pénale, entre autre d'abus de confiance ». Dès l'ouverture d'une information judiciaire le groupe bancaire devrait se constituer partie civile.

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