Immobilier : les promoteurs s'inquiètent pour l'accession à la propriété

05/02/2010 à 10:37 - Immobilier - Par - Réagir

Immobilier : l'accession à la propriété en danger
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Le marché de l'immobilier neuf serait-il en passe de se tourner progressivement mais irrémédiablement vers l'investissement locatif ? C'est en tout cas ce que semblent craindre les promoteurs constructeurs en constatant la place grandissante occupée par les achats de logements neufs destinés à la location au détriment de l'accession à la propriété proprement dite.

Près des deux tiers des acquisitions de biens immobiliers neufs (65.000) ont été réalisées, en 2009, en vue d'une mise en location ultérieure. Seul un peu plus du tiers des logements neufs, soit 37.000 maisons ou appartements, auraient ainsi été acquis dans le cadre d'une accession à la propriété (occupation par le propriétaire). Tel est le constat dressé ce jeudi 4 février 2010 par la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC). Pour son président, Marc Pigeon, « si l'investissement locatif soutient le marché, l'accession connaît son plus fort recul depuis 15 ans ». La faute, selon ces professionnels, aux mesures gouvernementales engagées pour soutenir l'activité de l'immobilier neuf dont le dispositif de défiscalisation Scellier s'est imposé comme le fer de lance (dispositif d'investissement locatif permettant de déduire de ses impôts 20% du prix d'achat du bien immobilier).

Tout en regrettant qu'il n'y ait « rien eu de fait pour l'accession à la propriété », Marc Pigeon ne renie pas l'élan positif généré par une Loi Scellier qu'il juge « efficiente puisque visible et simple ». S'il ne s'articule qu'autour de l'investissement locatif, le Scellier a toutefois « permis la construction de logements, des revenus supplémentaires grâce à la TVA, une augmentation de l'emploi pour les entreprises tout en favorisant la baisse des loyers ».

Le bilan établi par la FCP apparaît donc en demi-teinte. Avec un nombre de transactions estimées par la Fédération à 105.000, le marché du neuf pour cette année écoulée enregistre une progression de près de 30% par rapport à 2008. Une évolution dont les promoteurs peuvent se réjouir mais qu'il convient de relativiser au regard de l'exercice 2007. Pour Marc Pigeon, « par rapport à 2007, que l'on peut qualifier d'année où l'on répondait aux besoins », 2009 affiche un recul de 20%. « On y voit donc soit la bouteille à moitié vide, soit à moitié pleine », souligne-t-il.

Du côté des prévisions, la FPC adopte une prudence de rigueur. Face à « l'incertitude sur l'emploi, la remontée possible des taux d'intérêt, l'inefficacité du crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts, la fin du doublement du prêt à taux zéro [...] un redémarrage de l'accession dans le logement neuf en 2010 » n'apparaît que peu probable. Ajouté à cela, Marc Pigeon note pour sa part que la multiplication des projets de bâtiments basse consommation (BBC) devrait « engendrer une tension sur les prix et donc une augmentation des coûts de production ».

Si l'on veut assister à une reprise réelle du marché immobilier neuf, le président de la FPC estime qu'il convient désormais de « réorienter les financements actuels vers plus d'économie, d'immeubles verts et vers plus d'efficacité ». Constatant que la déduction d'impôt des intérêts du crédit immobilier (instaurée par la loi TEPA) ne favorise pas l'investissement immobilier mais plutôt le pouvoir d'achat après l'acquisition, Marc Pigeon entend bien militer pour une revalorisation du prêt à taux zéro qu'il considère comme un dispositif « directement efficace ». « La question est de savoir si l'Etat a le budget pour soutenir le marché de l'immobilier », souligne-t-il.

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3 2

Par Dédé73 -

Locataire ou propriétaire occupant: deux logiques différentes

Certes il y a des raisons objectives au coût de l'immobilier neuf, notamment celui du foncier. Pour autant les prix astronomiques et une qualité pas toujours au rendez-vous ont certainement découragé de futurs propriétaires occupants au profit d'investisseurs locatifs. Pourquoi ? Les défiscalisations ont eu un effet d'aubaine pour cette catégorie d'acquéreurs et les locataires, population mobile par excellence, acceptent de louer cher un logement récent aux normes actuelles, même pas très bien situé, en attendant mieux. Alors que pour le même prix facial (la défiscalisation n'intervenant que pour un usage locatif) un propriétaire occupant préfèrera acquérir pour lui-même un bien ancien mieux situé quitte à effectuer quelques travaux de rénovation. Ceci pour une durée d'occupation beaucoup plus longue.

Enfin, la plupart des immeubles "De Robien" ou "Scellier" ne paraissent pas devoir bien vieillir et nécessiteront des travaux d'entretien importants dans quelques années. Mais l'Etat a tellement avantagé (en apparence du moins) les investisseurs locatifs qu'il ne faut pas s'étonner du comportement de ce marché

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Par Tylerdurden -

Si les promoteurs sont vraiment inquiets, ils n'ont pas qu'a baisser leurs prix d'oufs !

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