Quand aides au logement riment avec hausse des loyers

17/11/2014 à 16:04 - Immobilier - Par - Réagir

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Accroître le pouvoir d'achat des ménages locataires tout en facilitant leur accès à un logement, voilà le double objectif poursuivi par les diverses allocations octroyées par l'Etat (APL, ALS et ALF). Néanmoins, si l'on en croit une récente étude publiée par l'Insee, elles contribueraient également à la hausse des loyers.

L'Insee constate le lien entre APL et hausse des loyers

Face à des loyers souvent jugés excessifs par bon nombre de ménages, les aides au logement doivent avant tout permettre aux locataires de se loger à moindre coût. Or, le niveau élevé des loyers seraient paradoxalement alimenté par ces mêmes aides. Le montant de ces dernières variant en fonction de trois zones géographiques (zone 1, 2 et 3), l'Insee a donc passé en revue les niveaux de loyers en vigueur non seulement au sein des agglomérations de moins de 100 000 habitants (constituant la zone 3) mais également dans celles de plus de 100 000 habitants (zone 2 où le montant des aides se révèle plus élevé). Après avoir comparé les loyers de différentes agglomérations (affichant des caractéristiques similaires mais n'appartenant pas aux mêmes zones), l'institut constate des écarts somme toute non négligeable puisque « les loyers dans la zone 2 sont en effet plus élevés, toutes choses égales par ailleurs, de 5,3% sur la période 2005-2012, soit 25 euros par mois ». Cette disparité s'élèverait même à 6,7% lorsque le logement est occupé par des locataires modestes. Sans pour autant véritablement le quantifier, l'étude n'en souligne pas moins « un lien causal entre les aides au logement et le niveau des loyers privés ».

Relation logique ou abus des propriétaires ?

Recueillant cette semaine les honneurs des médias, l'étude publiée ce 14 novembre par l'Insee n'est toutefois pas la première du genre. Au cours des derniers mois, pas moins de trois enquêtes concluaient que lorsqu'un locataire perçoit l'APL ou toute autre aide, son logement affiche un niveau de loyer globalement plus élevé que s'il n'en bénéficie pas. Une situation relativement logique selon Étienne Wasmer. « Dans la mesure où l'on donne davantage de moyens aux ménages pour se loger, ils vont naturellement faire en sorte d'optimiser cet avantage en cherchant à avoir des logements plus grands... Mais si dans le même temps, il n'y a pas plus de logements disponibles sur le marché, cela va de facto faire augmenter le prix des loyers », explique l'économiste. Un avis que ne partage pas totalement Gabrielle Fack, économiste à la Sorbonne, pour qui ce renchérissement des locations s'avère notamment alimenté par la volonté des propriétaires de répercuter sur leurs loyers le montant des aides au logement.

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