Immobilier : nouveau coup dur pour les rurbains

08/07/2008 à 00:00 - Estimation immobilière - Diagnostic expertise - Par

Immobilier : nouveau coup dur pour les rurbains
La simultanéité des deux grandes crises que sont celle de l'immobilier et celle du pétrole pourrait à terme entrainer toute une catégorie sociale dans la tourmente : les rurbains.

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Conséquence de la flambée du prix du pétrole et, dans le même temps, du retournement du marché immobilier, les particuliers souhaitant devenir propriétaires ou simplement déménager sont tiraillés entre deux perspectives peu réjouissantes : investir en ville ou s'installer à la périphérie, voire à la campagne. Choisir les villes c'est aussi faire le choix de prix immobiliers plus élevés et ce malgré une baisse déjà bien amorcée. Quant à opter pour la périphérie des grands centres urbains ou la campagne c'est accepter de subir de plein fouet la hausse du prix des carburants.

Entre deux maux il convient de choisir le moindre et les ménages aux revenus modestes ont depuis bien longtemps misés sur l'éloignement des villes. Si, pour ces familles, le choix était judicieux il y a 10 ans, aujourd'hui le calcul de se loger en périphérie des villes pour économiser sur le loyer ou le remboursement d'un petit pavillon est en train de se retourner contre elles. Hausse du prix du carburant, mise en place d'une nouvelle vignette auto (destinée à taxer les voitures les plus polluantes), augmentation des coûts de chauffage au gaz ou au fuel (ce dernier étant encore largement répandu dans nos campagnes), nombreux sont les changements qui viennent désormais éroder le pouvoir d'achat de ces propriétaires. Et cela est d'autant plus dommageable que ces familles, généralement primo-accédantes, ne disposent bien souvent que de revenus modestes.

Cet éloignement des villes n'est pas un phénomène récent puisque déjà en 1996, la loi Raffarin avait pour objectif de promouvoir l'implantation de centres commerciaux en centre-ville et ainsi provoquer un reflux urbain. On ne peut pas dire que le dispositif ait été couronné de succès et les communes accueillant ces nouveaux habitants (les rurbains : mi ruraux, mi urbains) ont dû poursuivre leurs efforts d'adaptation.

En effet, l'arrivée progressive mais constante de ces rurbains a généré bon nombre de besoins qu'il a bien fallu satisfaire. Ces « expatriés des villes », en grande majorité primo-accédants, étaient bien souvent de jeunes ménages modestes et couples avec enfants en bas-âge. Les communes ont donc dû étoffer leur offre de services en développant crèches et écoles mais également aménagements sportifs, stations d'épurations, centres de tri des déchets, etc.
Suite logique, quelques années plus tard, l'élargissement d'un réseau d'assainissement des eaux usées tout comme la construction de collèges et autres lycées se sont imposés comme des nécessités.

Cette réorganisation a évidemment entrainé un surcoût important pour ces communes qui se sont dans un premier temps fort logiquement tournées vers la Région et l'Etat. Or, l'Etat s'est peu à peu désengagé de cette mission pour en laisser la charge aux seuls régions et départements, Le vice-président du conseil régional d'Ile-de-France chargé du logement, Jean-Luc Laurent, accusant même l'Etat de « penser résoudre la crise du logement sans mettre un euro supplémentaire ». L'acteur financier qu'était l'Etat disparu, le coût devient tel pour les régions qu'elles tendent désormais elles aussi à se désolidariser des communes. Ces dernières voient donc ces investissements se répercuter sur leur budget et devront bientôt prendre les dispositions nécessaires afin de faire face à cet afflux de dépenses. Ces dispositions passeront très certainement par un accroissement de la fiscalité dans ces zones géographiques et par une réévaluation à la hausse des taxes locales (taxe foncière, taxe d'habitation), grevant ainsi un peu plus le pouvoir d'achat des rurbains.

Plus qu'une hypothétique guérison, la situation tend même à s'aggraver puisque en plus des aménagements prévus, ces communes en pleine expansion vont très rapidement devoir envisager, crise du pétrole oblige, le développement d'un réseau de transport efficient.
Quant au retournement du marché de la pierre, accompagné de sa baisse brutale des prix et de l'augmentation des taux immobiliers, il n'arrange en rien les choses pour des propriétaires rurbains qui observent le marasme ambiant d'un œil résigné.

A leur sujet, certains n'hésitent déjà pas à évoquer l'apparition d'une nouvelle catégorie sociale émanant de la conjonction de ces deux grandes crises (pétrolière et immobilière). Pour eux, les rurbains caractérisent dès lors ces ménages installés en périphérie des villes, déjà endettés par un prêt immobilier, ne pouvant plus prétendre à un crédit relais que les banques distribuent désormais au compte-goutte, et qu'une revente à perte de leur logement plongerait dans la spirale du surendettement.

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